Reprenons un principe universel, celui de la vitesse de la lumière. Nous savons depuis pas mal d'années que cette dernière a une propriété qui est mesurable, sa vitesse. C'est plutôt rapide puisqu'elle se déplace dans l'espace à 300 000 kilomètres à la seconde. Cela arrangea beaucoup les astronomes, car ils purent employer la distance qu'elle parcourt pendant une année à cette vitesse pour exprimer l'éloignement d'une étoile par rapport à une autre, on parle alors d'année lumière. La plus proche étoile de nous est Proxima Centaure dans le Centaure à environ quatre années lumières, donc il faut voyager à la vitesse de la lumière pendant quatre ans pour arriver là-bas. Bien, allons un peu plus loin.
L'idée que la lumière n'était pas immobile mais se déplaçait dans l'espace remonte à l'Antiquité. Ce n'est alors qu'une supposition. Il fallut attendre la fin du 19ème siècle pour que l'on obtienne une mesure précise qui corresponde à la réalité. En fait ce n'est pas exactement 300 000 kilomètres seconde, mais un poil moins, on arrondit le chiffre pour plus de simplicité.
Depuis, les astronomes n'ont cessé de mesurer les distances des étoiles, on sait aujourd'hui à quelle distance se trouvent les étoiles visibles à l'oeil nu et même beaucoup de celles qui ne le sont pas. Sans entrer dans les détails, on peut quand même mentionner un objet découvert en 2022 par le télescope Hubble, Earendel, dont la lumière a mis près de 13 milliards d'années pour parvenir jusqu'à nous, autant dire que ce n'est pas la porte à coté. Elle serait même trois fois plus âgée que la Terre dont on estime l'âge à 4,5 milliards d'années.
Avec ce qui précède, vous avez sans doute compris que ce que nous voyons dans les ciel est très subjectif. Nous voyons des choses dont la lumière à mis quelques secondes ou années pour parvenir jusqu'à nous, 2 secondes pour la Lune, 8 minutes pour le Soleil, 8,6 ans pour Sirius l'étoile la plus brillante du ciel, 2,6 millions d'années pour la constellation d'Andromède, l'une des plus proches de nous.
mardi 17 février 2026
Vous êtes immortels, enfin presque...
samedi 7 février 2026
Un président sur la bonne voie
Un lointain successeur de Charles VI s'occupant de la destinée de la France fut Paul Deschanel (1855 - 1922), président de la République. Ceux qui connaissent un peu l'histoire de France savent que Charles VI aurait pu être représenté coiffé d'un entonnoir à la place d'une couronne, c'est à dire qu'il n'avait plus tout à fait sa raison. Les mauvaises langues pensèrent que Paul Deschanel, fraîchement élu en cette année 1920, était un peu dans le même cas. Ce n'était pas des bruits de couloir qui alimentèrent la polémique, mais bien une singulière aventure dont il fut le protagoniste, et qui s'étala dans toute la presse nationale et internationale.
Le 23 mai 1920, il prend un train de nuit à destination de Montbrison où il doit le lendemain inaugurer un monument à la mémoire d'un aviateur héroïque de la guerre 14-18. Il a bien entendu un compartiment couchette à disposition dans le train qui l'emmène au loin. La version la plus en son honneur raconte que par mégarde, il se trompa et ouvrit la porte qui donnait sur la voie ferrée. Il chute et se retrouve en pyjama en pleine campagne déserte, il est blessé au visage. Il erre et fini par rencontrer un ouvrier auquel il se présente comme président la République. Imaginons un instant la réaction de l'ouvrier qui doit lui répondre par quelque chose comme : "Et moi, je suis Napoléon". Malgré tout, il le conduit à la maison d'un couple garde-barrière qui se trouve un peu plus loin. Il est soigné et on lui accorde le droit d'occuper le lit conjugal.
Bien entendu la presse se rue sur l'événement. Il apparaît assez vite que la forme psychique du président n'est pas des plus resplendissante. Les plus aimables le considèrent comme dépressif et les plus féroces mettent en doute sa santé mentale. Lui-même semble conscient de ses faiblesses et finit par démissionner, son règne fut de 7 mois et 3 jours, il occupe la seconde place dans la brièveté du titre. Il mourut en 1922.
En France, l'humour n'est jamais loin, d'autant plus s'il s'agit d'un personnage important. Il fait l'objet de quelques chansons satiriques, mais aussi de caricatures dans la presse du genre. En voici deux...
Source Gallica, BNF, DP
mercredi 4 février 2026
Marie Adélaïde de Savoie, le soleil de Louis XIV
Louis XIV avait misé sur la femme
de son fils ainé, Anne-Marie de Bavière, pour un peu requinquer la cour royale.
Il fut déçu et le destin s'acharna sur elle avant qu'elle puisse accéder au
trône. Malgré tout, il lui aurait fallu patienter encore 25 ans face à son
increvable beau-père, et pour autant que son mari l'accompagne jusque-là.
Un des soucis du roi était bien entendu sa succession. Sa belle-fille morte,
son fils est toujours bien vivant et peut encore se remarier. Il est le seul
descendant en droite ligne et issu de son mariage avec la reine. Pourtant il
choisit d'épouser secrètement Françoise Émilie de Joly de Choin en 1695, qui ne
peut alors prétendre au titre de reine. D'ailleurs personne ne la voyait sur le
trône. Louis XIV ne se fait quand même pas trop de bile, il est en pleine forme
et il a un peu plus de 50 ans en 1690. Au pire et dans l'urgence, il pourrait
par un décret rendre éligible un des enfants qu'il a eu avec l'une de ses
maîtresses. Il le fera, mais seulement un peu avant sa mort. Il doit sans doute
envisager que ce qu'il ne peut avoir avec son fils, il peut l'avoir avec son
petit-fils. Côté mâle et en tête d'affiche il y a Louis de France, duc de
Bourgogne né en 1682 qui peut faire un parti très présentable. Reste à lui
trouver une femme digne de son rang. Comme c'est l'habitude, on épluche les
petites annonces matrimoniales royales, autrement dit les partis possibles. La
raison d'état tient toujours une place prépondérante dans le choix, on cherche
à ratisser le plus large possible. L'éventail est assez large, mais le marché
sera conclu dès que deux parties pensent avoir fait la bonne affaire, le
mariage en est en quelque sorte la garantie. Il faut quand même et toujours se
méfier des belles promesses et des scènes de ménage.
Dans le cas présent, on ne va pas
chercher trop loin tant au niveau géographique que familial. Le choix se porte
sur Marie-Adélaïde de Savoie, dont la mère est la fille de Philippe d'Orléans,
frère de Louis XIV, née de son mariage avec Henriette d'Angleterre sa première
épouse. Ce n'est pas vraiment une aventurière venue des antipodes. Elle est née
en 1685. Le choix plait assez au roi, car s'il pense descendance, il pense
aussi en politicien et ce mariage lui assure une certaine pérennité sur le plan
européen entre amis et ennemis. De plus, la maison de Savoie est résolument
francophone, de coeur et de moeurs, on a même plus ou moins imposé le français
comme langue officielle spécialement au niveau administratif. Il faut aussi
avoir en mémoire que la Savoie d'alors est assez différente de celle
d'aujourd'hui, elle s'étend jusqu'à la mer vers Nice, la ville de Turin en fait
partie, donc ce n'est pas juste dix maisons et une église. On y mange sans
doute des pâtes « al dente », mais on ne crache pas sur les truffes
du Périgord.
Le mariage étant décidé, on tombe
immédiatement dans un certain folklore royal propre à la situation des futurs
époux. Ils sont jeunes, même très jeunes. En fixant la date du mariage le 7
décembre 1697, on obtient 15 ans pour lui et 12 ans pour elle. Cette date n'est
pas un hasard, mais encore une autre fantaisie toute royale. Aucun des rois de
France ne vous dira le contraire, il est placé là par Dieu et personne d'autre.
Mais une des lois de la toute puissante église interdit à n'importe quelle
fille, qu'elle soit noble ou pas, de se marier avant l'âge de 12 ans.
Marie-Adélaïde étant née le 6 décembre 1685, donc le 7 décembre 1687 elle aura
pleinement 12 ans. Le tour est joué et le mariage pourra avoir lieu avec tous
les bons vœux du pape. Mais avant de passer à la nuit de noces, digne d'un
scénario hollywoodien, voyons de plus près cette mariée.
Parmi les futures reines
qui ne régneront pas, c'est sans doute une des plus intéressantes, une vraie
meneuse de revue royale. Certains historiens la qualifient d'enfant prodigue,
c'est sans doute un poil exagéré, mais il est incontestable que pour son âge
elle n'a pas les deux pieds dans le même sabot. Le premier contact avec le Roi
Soleil allé à sa rencontre, un mois avant le mariage, se passe tellement bien
qu'il en a la perruque de travers et en oublie le protocole. Il est subjugué
par ce qui est pour lui une gamine, qui saute comme un cabri : "Youpi je
vais être reine !", qui rayonne de joie de vivre, qui a juste la bonne
dose de déférence envers lui sans flagornerie, ni être intimidée. Il est
rapidement conquis et il éprouvera pour elle ce qui ressemble à une sorte
d'amour filial élargi. II lui permettra bien des choses qu'il n'a jamais
tolérées chez ses enfants, par exemple prendre en compte leur avis pour une
décision ne relevant que du pouvoir royal. Sûr que quand il est remonté dans son
carrosse, si elle lui avait mis un coussin péteur sur son siège, il l'aurait
raconté à toute la cour en rigolant.
Sans être une beauté fatale, elle
a un physique avantageux, mais là encore on peut se fier au jugement de Louis
XIV, sorte d'expert en la matière. Lors de la première rencontre, qui sert en
quelque sorte de test, il ne lui trouve pratiquement que des avantages. Un
bémol toutefois, elle a des dents très mal alignées. Il remarque qu'elle est
plutôt petite, mais elle n'a que 12 ans, elle fait mal la révérence. Il conclut
qu'il serait fâché qu'elle fut plus belle. En regardant les portraits, elle
semble avoir un corps assez canon, une taille de guêpe assurément, et pour le
visage gardons-nous de juger la beauté des femmes de jadis avec les critères
d'aujourd'hui. Son futur mari qui était aussi présent ne s'étala pas sur le
sujet, au propre comme au figuré, mais il semble en avoir été plus que conquis.
Imaginez l'effet, si vous commandiez aujourd'hui votre mari ou votre femme chez
Amazon, quelle angoisse au moment où le livreur de DHL somme à votre porte.
Quel soulagement si la livraison est à votre goût. On peut épiloguer pendant
longtemps sur la réciprocité des sentiments dans les souples royaux, mais dans
le cas présent, avec les réserves d'usage, ce fut plutôt une réussite.
Il reste un gros mois avant la date du mariage, on peut
alors l'initier aux usages de la cour. C'est madame de Maintenon qui en aura la
tâche. Si le roi fut conquis, elle le fut presque autant. Une assez belle
complicité s'installera entre elles, complicité qui durera tout au long de son
parcours. L'épouse du roi devra néanmoins mettre quelque peu un couvercle sur
le bénitier de sa grenouille, car elle est plutôt assez fervente religieusement
parlant. A son avantage, elle y gagnera un peu une seconde jeunesse, comme son
mari. Pour permettre une certaine familiarité, la femme du roi se fait appeler
"ma Tante", ce qui est assez contraires aux usages, mais avec cette
future reine sur papier, pas mal de choses vont prendre une nouvelle tournure.
On peut déjà deviner que la princesse a surtout reçu une éducation qui l'aide à
s'imposer, plutôt que de se complaire dans les traditions propres à la
noblesse. C'est un peu une révolutionnaire dans son genre. La Palatine, seconde
femme de Monsieur frère du roi, la regarde d'un plus mauvais œil. Elle recule
d'un rang dans l'ordre de préséance de la cour, et la qualifie de "gamine
mal élevée".
Le mariage a bien lieu à la date
prévue, mais c'est une pièce de théâtre sans Molière où les époux font de la
figuration. Dans la chambre nuptiale où il y a un peu moins de monde qu'au
carnaval de Nice, on passe une chemise à la mariée, tandis que dans la chambre
voisine on fait de même avec le marié. Il rejoint alors sa femme dans le lit
tandis que la foule évacue la chambre, sauf quelques personnes. Petite causerie
d'un quart d'heure, sans doute on espère qu'il fera beau la semaine prochaine.
Coup de sifflet de l'arbitre et tout le monde regagne ses appartements, les
mariés y compris. Il faillit y avoir un scandale car le marié osa embrasser sa
femme, chose permise par son père, mais réprouvée par le roi. Sans doute une
manière de rappeler qu’il est encore le roi, mais dans ses pensées cela fut
certainement plus licencieux : « Ah mon cher petit fils, si j’étais
dans le lit ! »
Auparavant, en lieu et place d'un
futur feu d'artifesse matrimonial, on avait tiré un feu d'artifice et passé à
table où l'on probablement mangé autre chose que des saucisses grillées. Pour
les curieux signalons toute de même que le mariage fut consommé deux ans après,
fin 1699. On imagine les tourments du jeune mari, qui n'avait le droit de voir
sa femme qu'épisodiquement, et toujours en compagnie. Que la vie du futur roi
semble compliquée quand il faut s'exprimer seulement avec des révérences devant
son épouse, sous l’œil rieur des invités qui imaginent le couple dans des
postures moins convenables. Il a sans doute patienté en provoquant quelques
"cartes de France", savoureuse expression employée jadis pour
désigner une éjaculation. J'imagine que le terme a été inventé par quelque
noble qui s'intéressait à la topographie féminine.
Louis XIV se frotte les mains, il
espérait une nouvelle étoile à la cour avec le mariage de son petit-fils et
Marie-Adélaïde de Savoie, il en a une et elle brille. La cour qui avait sombré
dans une ambiance plutôt morose, surtout depuis le mariage du roi avec madame
de Maintenon, retrouve de son éclat. Marie-Adélaïde a ce qu'il faut pour
séduire, elle est gaie, toujours de bonne humeur, farceuse. Elle a certainement
un sixième sens qui lui fait entrevoir jusqu'où elle peut aller avec chacun.
Elle sait se faire respectueuse quand il le faut et plus légère quand elle
devine que c'est permis. De plus elle est maintenant duchesse de Bourgogne,
cela pose quand même un peu une personne. Elle est très éprise de son mari et
l'inverse est réciproque. C'est un des cas dans l'histoire de France où le mari
mourut de chagrin quelques jours après son épouse. Elle prendra toujours fait
et cause pour son époux, même si pour le reste il fait un peu figure pâlotte à
côté d'elle. Très souvent dans les familles royales, c'est l'entourage proche
qui est le plus sujet à tiraillements, ceux que l'on rencontre tous les jours
ou souvent. Là encore, l'entente semble régner entre tous, même si elle peut
paraître de façade. Il faut souligner qu'elle redonne une vie à la cour dont
tout le monde profite, fêtes, bals, elle entraîne le monde à sa suite. Cela
n'empêchera pas quelques intrigues par la suite, même sous le Roi Soleil,
certains n'aiment pas l'ombre. Le seul qui pourrait trouver à redire, c'est
Louis XIV, il est toujours le maître à bord et pour encore un bon moment.
Heureusement, c'est lui qui est le plus sous son charme. Il a toujours adoré
les femmes qui ont de la personnalité et cette gamine peut en revendre. Du
moment que sa femme semble aussi la trouver irrésistible, il laisse aller et se
réjouit très certainement intérieurement de retrouver un peu des fastes
d'antan. Elle est aussi fine mouche, elle sait que pour lui elle est un rayon
de soleil dans sa vieillesse et que le roi attend d'elle gaîté, bons mots, et
aussi une descendance. Pour cette dernière, il faudra encore patienter un peu.
Elle loge à bonne enseigne, désir du roi. Il a fait
réaménager le château par Mansart, en modifiant l'ancienne ménagerie. C'est
aussi une autre résurrection de Versailles devenu bien calme. On voit
réapparaître des artisans, maçons, carreleurs, vitriers, tapissiers. Ce sera
les appartements privés de la reine-enfant, on ne va pas la loger dans un
cagibi sous les combles, des fois qu'elle attraperait un rhume.
Même si Louis XIV est le roi et
le montre, il est moins apparent qu'il eut de belles complicités avec ses
proches, où l'on rangeait un peu l'Etiquette dans le placard à balais. Il
adorait ses serviteurs, n'en changeait que rarement, et les voulait heureux. Il
n'hésitait pas à se montrer très généreux avec eux, les pensions, les
gratifications, n'étaient jamais absents pour un service bien redu. Il a eu une
réelle complicité et amitié avec son premier valet, Ferdinand Bontemps. Il
connaissait tout de son maître. Il en savait plus sur les amours du roi que ses
confesseurs, disaient les méchantes langues.
Marie-Adélaïde fut une des
bénéficiaires de ces complicités. Elle partageait de nombreux moments avec le
roi, même dans son intimité proche, quand il faisait causette avec sa femme le
soir devant la cheminée. Il arriva des situations qui auraient été impensables
auparavant, elle s'asseyait sur ses genoux, où sur l'accoudoir du fauteuil où
il était assis, elle lui faisait des bises, fouillait dans ses tiroirs, la
vraie petite peste. Le roi riait, lui passait tout, même en redemandait. Il se
sent rajeunir, en frétille de plaisir, pas besoin de recharger les batteries
elles sont au top. Madame de Maintenon est certainement plus réservée, mais du
moment que le roi est heureux, ben oui c'est le roi. Il y a d'ailleurs bien
longtemps qu'elle ne l'a pas vu si heureux. Même que parfois cela tourne un peu
aux facéties d'écoliers. La duchesse, son mari est quelquefois de la partie,
font tout pour s'amuser. On envoie des pétards vers une vieille duchesse
grincheuse, on la poursuit à coups de boules de neige. Je me demande même si le
poil à gratter était déjà connu, probablement, alors ils l'ont sûrement
utilisé. Ah ces jeunes, ils n'ont plus de respect, pensaient sans doute
quelques vieilles badernes.
Mais voyons un peu la vie à la
cour, sous son règne en quelque sorte.
La duchesse a des goûts éclectiques. La danse, le ballet, le théâtre, l'art
lyrique vont avoir droit à des représentations selon les endroits les plus
appropriés pour le faire, Versailles, Marly, Fontainebleau, Trianon. Elle
réquisitionne les talents, organise, son mari la seconde parfois. Ils
commandent des pièces à certains auteurs. Elle n'a pas vingt ans, elle a un
pied partout. Cela va durer une bonne dizaine d'années, bien entendu il n'y pas
représentations tous les soirs, mais quand on ne peut pas faire cela, il y a
d'autres occupations, moins artistiques. Les loteries, les carnavals, le jeu,
c'est avec ce dernier qu'elle aura un peu de fil à retordre. Elle est joueuse,
au propre comme au figuré, elle joue et elle perd, pas son panache, mais son
argent. Elle a aussi un secret envers le roi, elle prise le tabac. Ce n'est pas
un grand secret, mais le roi déteste tout ce qui est tabac, fumé ou prisé.
Maintes fois, madame de Maintenon épongera ses dettes et ne soufflera mot au
roi sur son "tabagisme". Elles sont devenues bien complices, mais
pour la femme du roi c'est aussi un moyen d'avoir un peu d'emprise sur elle,
mais qui sait, les secrets existent peut-être de part et d'autre ?
Les naissances finissent par
arriver, il fallait bien patienter un peu. Quand la mariée a 12 ans, il ne faut
pas être trop pressé pour "l'heureux événement". D'autant plus que le
mariage ne fut officiellement consommé qu'en 1699, c'est à dire quand elle
avait 14 ans. Il semble que l'on n’ait pas trop précipité cette première
naissance puisque le premier garçon naît en 1704, le 25 juin. Avec cette
naissance survient un fait unique jusque-là dans l'histoire de France, le roi
est arrière-grand-père. La fête fut certainement belle, mais le bonheur ne dure
pas trop longtemps, l’enfant meurt l'année suivante. Le second fils naît le 8
janvier 1707, lui il a bon pied, bon œil, et il vivra plusieurs années. Une
dernière naissance aura lieu le 15 février 1710, elle aura une importance
historique, il s'agit du futur Louis XV. Pour le Roi Soleil, la situation n'est
pas trop préoccupante, sa descendance en droite ligne est assurée, mais c'est
sans compter tous les deuils qui frapperont la cour. Pour l'instant, place au
bal !
Pendant toutes ces années entre
les accouchements et la vie royale, Marie-Adélaïde continue de régner en future
reine, non sans éclat. Il y a certes des intrigues qui la menacent, ainsi que
son mari, mais même si elle ne fait pas l'unanimité, ses partisans sont bien
présents et la considèrent un peu comme leur idole. Le premier inscrit au fan
club, c'est Louis XIV. Il a bien senti chez elle une personnalité devenue
exceptionnelle. Elle ne manque pas de courage, ni de sagesse. C'est une sorte
de magicienne qui a dans son chapeau tous les accessoires pour épater la
galerie et sait les employer à bon escient. Le roi lui donne quasiment les
pouvoirs d'une reine en lui confiant en 1710 l'entière gestion de sa maison et
de ses charges. Et cerise sur le gâteau, elle n'a pratiquement pas de compte à
lui rendre. Il déclare : "Je me fie assez à elle pour ne pas vouloir
qu'elle me rende compte de rien et je la laisse maîtresse absolue de ma maison.
Elle serait capable de choses plus difficiles et plus importantes."
C'est un cadeau sans en être
vraiment un. On peut imaginer que le roi est fatigué, il est septuagénaire, son
choix s'est arrêté sur la seule personne qui à ses yeux pouvait faire du bon
travail. La tâche sera considérable, car la situation intérieure en France
n'est pas des plus reluisantes. En 1709, l'hiver fut terrible. Il y eut
plusieurs vagues de froid entre janvier et mars, le vin gelait dans les verres
parait-il, ce qui mit à mal les récoltes et provoqua une famine. La bourgeoisie
mangea certainement à sa faim, mais chez les petites gens le ressenti fut plus
dur. Il commença d'y avoir des mouvements de révolte, et l'impopularité du roi
devint grandissante. Marie-Adélaïde prend sa tâche à coeur, plutôt bonne pomme,
elle veut satisfaire tout le monde et ne blesser personne. Elle essaye d'être
partout, maintenir un semblant de gaîté dans la cour, mais doit aussi lutter
contre les intrigues dont certaines lui sont tout sauf favorables, on lui prête
de grandes ambitions, mais elle ne fait qu'accéder aux désirs du roi, roi
qu'elle aime profondément. Bref elle brûle la chandelle par les deux bouts, la
rendant vulnérable aux coups du sort, tant sur le point physique que mental. Et
justement le sort va s'acharner sur la famille royale, des rumeurs circulèrent
sur une nouvelle affaire des poisons.
Le lendemain de Pâques 1711,
Monseigneur, le fils aîné de Louis XIV, tombe malade. Son rôle politique est
très effacé, c'est surtout un militaire, la seule activité où il semble être
vraiment à l'aise. On craint une nouvelle attaque d'apoplexie, il en a déjà eu
une dix ans avant. Mais il s'agit en fait de la variole, maladie alors
redoutable, elle peut terrasser une personne en quelques jours. Il meurt le 14
avril 1711. On imagine que Marie-Adélaïde a sa part de deuil, elle est peinée
pour Louis XIV et elle perd aussi son beau-père. Seule consolation peut-être,
son mari et elle sont maintenant dauphins.
Arrive la sinistre année 1712. La
dauphine tombe malade en janvier, elle se remet assez facilement. Le 5 février
elle doit s'aliter, elle souffre de frissons. Le 7 elle est prise d'une
violente douleur dans la tête. Elle semble souffrir horriblement, malgré le
fait qu'on lui administre de l'opium et des saignées, quelle connerie pour le
second traitement ! Lorsque des taches rouges apparaissent, les médecins
arrivent quand même à diagnostiquer la rougeole, ces malins semblent ignorer
qu'il y a une épidémie au même moment. Le 11 on lui propose les sacrements, ce
qui a l'air de l'étonner, mais qu'elle accepte quand même. Du point de vue
religieux et pour autant qu'elle soit sincèrement croyante, elle fait bien car
elle meurt le lendemain, elle a tout juste 26 ans. Son mari complètement
anéanti par sa mort, s'isole et ne veut voir personne. On constate aussi chez
lui l'apparition de taches rouges, mais dans une moindre mesure. Il s'alite et
ne se releva plus, il meurt six jours après sa femme, une femme qu'il semble
avoir aimée d'une belle passion que la raison d'état aurait pour une fois
favorisée.
Pour le roi, le coup est rude.
Saint-Simon nota dans ses mémoires, que de tous les chagrins qu'il a eu dans sa
vie, la perte de Marie-Adélaïde fut le plus grand. Lui seul pourrait le dire,
mais on peut l'envisager sérieusement. Mais pire aurait encore pu arriver, car
à peine plus tard, les enfants royaux subirent le même mal et il fallut le bon
sens d'une personne de la cour pour limiter la casse et on peut même dire que
le cours de l'histoire en aurait été complètement bouleversé. Donc, des taches
apparurent sur les deux enfants royaux, la rougeole très probablement. Ces
fanfarons de toubibs s’occupèrent du premier et prescrivirent bien entendu une
saignée, il mourut. Le second fut planqué par les femmes qui s’occupaient de
lui et le soignèrent à leur manière, lui firent boire du pinard (!), manger des
biscuits, et le firent surtout transpirer. Mme la duchesse de Vantadour
s’opposa fermement à ce que les médecins lui fassent aussi une saignée. A la
grande honte de ces médecins, il guérit sans leur intervention. Heureusement
pour lui, car par la suite il régna sous le nom de Louis XV. La duchesse qui
semble avoir pris en grippe les médecins ne s’en porta que mieux, elle mourut à
90 ans, presque un record pour le Guinness de l’époque. Selon la dicton
anglais, une pomme le matin chasse le médecin, mais avec un fusil c'est plus
efficace. Quand on étudie l'histoire, pleins de personnage surgissent du passé,
certains que l'on déteste, d'autres que l'on affectionne. Je suis sans doute un
peu idéaliste, mais je suis toujours intéressé par les femmes qui dans
l’histoire, par leur aura, ont fait tout aussi bien sinon mieux que les hommes.
Marie-Adélaïde de Savoie en est un bel exemple. A l'heure où j'écris ces
lignes, il y a eu plus 113000 couchers de soleil depuis son dernier souffle,
chacun d'eux éloigne un peu son souvenir, mais il en faudra encore beaucoup
pour qu'elle s'efface tout à fait dans les limbes du temps.
Emilie du Châtelet, la marquise savante
Elle est la fille aînée de baron de Breteuil, Louis Nicolas Le Tonnelier, officier introducteur des Ambassadeurs à la cour de Louis XIV. Personnage à l’esprit ouvert, il fait donner à sa fille une éducation très poussée, rarement dispensée aux filles d’alors, ce qui lui permet d’avoir une culture très étendue. Elève douée, elle parle et lit plusieurs langues, le latin, le grec, l’anglais, l’allemand. Elle sait aussi monter à cheval et jouer du clavecin. Elle pratique et aime la danse, le théâtre, et occasionnellement elle peut aussi chanter de l’opéra. Une chose l’intéresse par-dessus tout, les sciences et spécialement les mathématiques. Sa curiosité naturelle la pousse à essayer de comprendre le fonctionnement de l’univers en prenant des cours de physique et en lisant les ouvrages de pointe qui existent à cette époque.
A 16 ans elle est présentée à la cour du Régent qui est alors Philippe d’Orléans, fils de second mariage de Monsieur, le frère de Louis XIV. Elle est charmée par ces plaisirs nouveaux et collectionne les robes et les bijoux, purs plaisirs matériels auxquels elle ne renoncera jamais tout à fait, mais malgré tout secondaires dans sa vie.
Son père qui tient un salon littéraire lui fait rencontrer Fontenelle, un écrivain et scientifique remarquable, qui mourut presque centenaire. Il lui donnera des cours de science et peaufinera ses connaissances. Voltaire fréquente aussi ce salon, mais ils ne se connaissent pas encore.
En 1925, elle épouse le marquis Florent Claude du Châtelet, seigneur de Villethierry, elle devient ainsi marquise. De onze ans plus âgé qu’elle, il est conscient de ses limites, et surtout admire les capacités intellectuelles de sa femme. Même si le couple aura trois enfants, le marquis souvent absent pris par ses occupations militaires, laisse une totale liberté à sa femme, lui-même ne s’en privant pas. Il est à noter que les aventures extra-conjugales sont monnaie courante dans la noblesse, ce dont peu de personnes s’offusquent. Ils resteront toujours amis, mais feront en sorte que cela se fasse sans faire de l’ombre à l’autre.
Elle mène une vie de noble dame un peu volage, tantôt à la cour, tantôt à Semur-en-Auxois où son mari est gouverneur. Elle prend quelques amants dont le maréchal de Richelieu, mais surtout Pierre Louis Moreau de Maupertuis, qui fait partie de l’Académie des sciences. Il peaufine ses connaissances en mathématiques et lui parle d’un certain Isaac Newton, dont il est le premier à relayer les théories en France.
Elle est de plus en plus attirée par la connaissance, les dames se moquent même un peu d’elle à la cour, surtout quand elle dit que le bruit l’empêche de penser ou en faisant des expériences avec du matériel scientifique peu connu. Elle se moque éperdument ce que l’on peut penser d’elle, sa position sociale lui assure une liberté de penser qui ne peut lui être retirée par les cancans des jalouses et des aigries. Elle a malgré tout quelques amies dévouées.
Il faudra la rencontre avec Voltaire pour que la mèche du détonateur soit allumée. Voltaire est un électron libre dans la pensée française. Il a des positions bien arrêtées sur beaucoup de choses, c’est une lumière parmi Les Lumières. Il est bien entendu connu comme écrivain et philosophe, mais avant tout c’est une célébrité internationale de son vivant, sans avoir besoin de conquérir la gloire dans les batailles militaires. Cela ne lui vaut pas que des amis, d’autant plus qu’il aime prendre position pour défendre les victimes de l’arbitraire, il est volontiers provocateur.
En 1726, il est contraint de s’exiler en Angleterre. Ce sera pour lui une révélation. Il apprend l’anglais d’un claquement de doigts, il s’amusera même à son retour en France à se faire passer pour un Anglais. Il rencontre des écrivains, des philosophes, des savants (physiciens, mathématiciens, naturalistes) et s’initie à des domaines de connaissance qu’il ignorait jusqu’ici. Il sera toujours un ardent admirateur de Newton, dont il ne cessera de faire la promotion. Une chose la marquera aussi, l’esprit anglais plutôt philosophique et aussi une avance considérable dans certains domaines comme la justice. En France, le roi peut emprisonner n’importe qui, en Angleterre c’est un juge qui décide.
Il est de retour en France en 1728, sous certaines conditions, par exemple il n’a pas le droit d’être présent à la cour. Il continue néanmoins son parcours, mais sautons quelques années pour rejoindre le moment où il rencontre Emilie du Châtelet.
La rencontre a lieu en 1733. Emilie a 27 ans, Voltaire 39. Le père d’Emilie fut un protecteur de Voltaire, ils se connaissaient. Voltaire frise toujours le code, il est un peu partout et se dépense sans compter, sa santé s’en ressent. Sa rencontre avec Emilie lui sera très profitable, elle l’apaise. Voltaire est un meneur, c’est aussi un homme d’esprit et qu’il soit masculin ou féminin peut lui importe, il est fasciné par les connaissances d’Emilie en matière de sciences. De son côté, elle lui enseigne à mettre de l’ordre dans ses pensées. Les échanges seront nombreux, la fusion de deux esprits, elle durera une bonne dizaine d’années. Ils vivent en couple et sont complémentaires. Emilie profitera certainement de la notoriété de Voltaire pour faire connaître ses travaux. La publication clandestine de ses Lettres philosophiques en 1734 lui vaut de nouveaux ennuis, le livre est une critique sévère de la monarchie française. Il doit fuir Paris car il est menacé de prison, Louis XV n’apprécie pas trop ce genre de littérature. Le couple se réfugie au château de Cirey en Lorraine, propriété du mari d’Emilie, alors un territoire indépendant du royaume de France.
Ils y emménagent le rénovent et aménagent notamment une importante bibliothèque et achètent des instruments scientifiques, Voltaire a les moyens financiers. Tout ceci avec la bénédiction du mari, parfaitement au courant de la liaison, Voltaire sachant aussi se faire discret quand c’est nécessaire. Ils passeront quatre ans loin de la vie mondaine qu'affectionnait la marquise et travailleront ensemble Voltaire la pousse à traduire Newton, peu connu en France à cette époque, et l'aide à prendre conscience de la liberté de penser par elle-même.
Il faut garder à l’esprit que la collaboration entre Voltaire et Emilie aura des temps morts et semble avoir marqué le pas au bout d’une dizaines d’années. Il gère ses affaires, il continue d’écrire, mais l’influence restera réciproque. Ils dissertent chacun dans leur coin sur un sujet et ensuite comparent les résultats et les affirmations. Il sera toujours beau joueur en mentionnant dans ses écrits, la part que peut avoir eue sa compagne. Mais voyons un peu les travaux qui valurent à la marquise sa renommée tardive, bien que de son vivant elle ne fut pas complètement ignorée, on la considère aujourd’hui comme la première grande intellectuelle française.
Émilie Du Châtelet concourt en 1737 au prix de l’Académie des sciences Sur la nature du feu, dont la question dérive des travaux de Newton. Les femmes n’ont pas alors accès à l’Académie, sauf dans le public. Pour participer aux réunions informelles au café Gradot, non loin de l’Académie, Émilie doit s’habiller en homme. Mais les manuscrits des concours sont anonymes, ce qui lui laisse ses chances. Voltaire et elle présentent chacun un mémoire réalisé séparément. Le prix revint à Euler mais, sur la recommandation de Réaumur, son mémoire fut imprimé par l’Académie des sciences ; c’est le premier ouvrage d’une femme à être publié.
Esprit très critique, elle demande ensuite des leçons à l’Allemand Samuel Koenig qui l’initie à Leibniz dont les théories (la monadologie) la convainquent sur bien des points, par opposition à celles de Newton, beaucoup plus mathématiques. Elle écrit alors ses Institutions de physique (1740), traité dédié à son fils, dont le premier chapitre reste jusqu’à aujourd’hui une des plus nettes expositions de la doctrine de Leibniz en français.
Le livre est si réussi que Koenig tente de s’en faire passer pour l’auteur. Il s’ensuivit une brouille définitive entre les deux personnages. Le livre de Mme Du Châtelet fait l’objet de deux comptes rendus élogieux dans Le journal des savants.
Elle entame la traduction des principes de Newton écrits en latin. Elle ne se contente pas de faire du mot à mot, elle refait aussi certains calculs, ajoute une description du système planétaire tel qu’il est connu alors, c’est-à-dire jusqu’à Saturne en y ajoutant quelques satellites. Cette traduction est la seule qui existe et est encore employée aujourd’hui.
Elle travaille d’arrache-pied. Nous possédons nu témoignage celui de Madame de Graffiny, femme de lettres, qui séjourna à Cirey :
- Elle passe tous les jours presque sans exception jusqu’à cinq et sept heures du matin à travailler […]. Vous croyez qu’elle dort jusqu’à trois heures ? Point du tout […]. Elle ne dort que deux heures et ne quitte son secrétaire dans les 24 heures que le temps du café qui dure une heure, et le temps du souper et une heure après.
Elle lit tout ce qui compte en physique (Newton, Rohault, Clarke, Whiston, Musschenbroek, Gravesande, Regnault, Leibniz, Keill, et les Transactions philosophiques et les recueils de l’Académie des Sciences. Ses correspondances sont nombreuses, Maupertuis, Clairaut et Jean Bernoulli, mais aussi avec Wolff, Euler, Jurin, Jacquier et Musschenbroek.
Elle fut membre en 1746 de l’Académie des sciences de l'institut de Bologne, l’unique à l’époque qui accepte les femmes, c’est une reconnaissance de ses travaux obtenue de son vivant.
Sa relation avec Voltaire marquant le pas, mais ils sont toujours ensemble, ils arrivent à Luneville à la cour du duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV. L’endroit, indépendant du royaume de France, se situe près de Nancy, à l’écart de la capitale.
Elle s’éprend alors d’un poète et militaire lorrain, Jean-François de Saint-Lambert. C’est plus qu’une simple relation, Emilie se retrouve enceinte. Il semblerait qu’elle eut un pressentiment, car elle travailla intensément pour terminer ses travaux en cours, particulièrement la traduction de Newton. Une fille nait le 4 septembre 1759, la mère meurt 6 jours plus tard, des suites de l’accouchement. Son mari, Voltaire, Saint-Lambert sont présents. Elle avait seulement 42 ans. L’enfant ne lui survivra que de quelques mois.
Ses derniers travaux, terminés à l’ultime moment, seront publiés sur l’initiative de Voltaire et Clairaut, en 1756 et 1759. Voltaire lui rendra hommage et rédigera la préface :
- Cette traduction que les plus savants hommes de France devaient faire et que les autres doivent étudier, une femme l’a entreprise et achevée à l’étonnement et à la gloire de son pays.
Il y aura d’autres publications posthumes, rééditions, au fil du temps.
Mais on peut résumer les principales étapes de son parcours scientifique, de son vivant ou post-mortem, sans compter la nombreuse correspondance qu’elle entretien avec divers scientifiques, correspondance parfois très fournie.
De son vivant :
Mémoire sur la nature du feu, 1739. Premier mémoire scientifique élaboré par une femme à être publié par l'Académie des sciences de Paris.
Institutions de physique, 1740, il sera traduit en plusieurs langues.
Analyse de la philosophie de Leibniz, 1740.
Dissertation sur la nature et la propagation du feu, 1744.
Après sa mort :
Principes de Newton, 1756, 1759, intégrale en 1766 sous Principes mathématiques de la philosophie naturelle.
Discours sur le bonheur, 1779, sa seule œuvre littéraire.
Doutes sur les religions révélées, adressés à Voltaire, 1792.
Il existe aussi quelques ouvrages anciens où elle apparaît avec d’autres auteurs sous forme de compilations.
Cette étonnante dame reste une belle page de la lutte des femmes pour prouver que l’on peut faire aussi bien que les hommes, pour autant qu’on leur en donne les possibilités. Son amant et ami Voltaire, ce dernier n’étant pas toujours exempt de reproches dans la conduite de sa carrière, fut pourtant d’une parfaite honnêteté dans ses relations avec Emilie du Châtelet, la considérant comme son égal.
Elle faisait partie de la noblesse, se comportant parfois comme les gens de son rang, considérant plutôt cela comme une distraction et un moyen d’acquérir des connaissances. Mais Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, fut beaucoup plus qu’une simple femme qui passa dans une période de l’histoire.
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